Jacqueline Gourault interroge le Gouvernement sur l’avenir de la filière automobile

 » Monsieur le secrétaire d’État, le pacte automobile, présenté par le Président de laRépublique le 9 février dernier, prévoit que le fonds stratégique d’investissement portera sacontribution au fonds de modernisation des équipementiers automobiles à 200 millions d’euros,au même titre que les deux constructeurs Renault et PSA. Comme l’a rappelé M. Sueur, le fondss’élèvera ainsi à 600 millions d’euros.

Par ailleurs, PSA et Renault ont annoncé leur intention de sécuriser les approvisionnementset de soutenir leurs fournisseurs.

Par conséquent, des efforts sont réalisés, nous le savons. Cependant, lors de lamanifestation du 19 mars dernier, j’ai été frappée, dans mon département, par le nombre debanderoles qui portaient le nom des entreprises des équipementiers automobiles. Loin de moil’idée, mes chers collègues, de vous en donner toute la liste.

Monsieur le secrétaire d’État, nous nous étions rencontrés à Vendôme, en Loir-et-Cher,lorsque vous étiez venu chez ThyssenKrupp, alors que ce groupe avait pris la décision de se retirerde cette région. Par ailleurs, je lisais ce matin dans La Nouvelle République du Centre-Ouest que80 licenciements chez Ranger, à Theillay, sont annoncés dans le bassin de Salbris-Romorantin, où sesituaient auparavant le GIAT ainsi que Matra. Les catastrophes industrielles arrivent les unesaprès les autres.

À Blois se trouvent les entreprises Valéo, HPI et Delphi. Cette dernière, spécialisée dansl’injecteur automobile pour les moteurs diesel, vient de mettre au point, grâce aulaboratoire de recherche et développement situé également à Blois, un nouvel injecteur, le piézo.M. Devedjian, ministre chargé de la mise en œuvre du plan de relance, a visité récemment lesite de cette entreprise et a souligné l’importance du laboratoire susvisé et les espoirsfondés sur cet injecteur.

Monsieur le secrétaire d’État, nous avons des inquiétudes. La société Delphi a utilisétoutes les mesures mises à sa disposition ; elle a mis fin aux contrats provisoires et àl’emploi d’intérimaires, a eu recours au chômage partiel et elle a même demandé àcertains salariés de prendre leurs vacances à une période donnée. Cependant, la mise en place desnouvelles lignes de production du nouvel injecteur se heurte à certaines difficultés. Seloncertaines rumeurs, cette production pourrait être délocalisée, d’autant que certainséquipementiers ont tendance à rejoindre des constructeurs installés depuis quelques années enEurope centrale ou orientale. Plus de 2 500 salariés sont concernés dans l’agglomérationblésoise.

Le fonds stratégique d’investissement, mis en place par le Gouvernement,concernera-t-il cette entreprise ? Nous n’avons que peu d’informations sur ce point.Monsieur le secrétaire d’État, je vous saurais gré de me donner des précisions à ce sujet.

Je souhaite maintenant me faire le porte-parole de M. Yves Détraigne. Ne pouvant être présentce matin, il m’a chargé de vous poser une question, qu’il avait déjà formulée au moisde mars en séance publique. À cette époque, il n’avait pas, semble-t-il, obtenu de réponseprécise. Son interrogation concerne l’inadéquation des délais de livraison des véhiculesfrançais par rapport à la concurrence étrangère. En effet, lorsque vous commandez une voitureétrangère, vous pouvez en disposer trois ou quatre semaines après. En revanche, lorsque vouscommandez un véhicule français, vous l’obtenez quatre ou cinq mois plus tard.

Dans le même temps, des émissions de télévision montrent des parkings immenses sur lesquelssont stationnées de très nombreuses voitures. Cette situation est incompréhensible. De surcroît,les derniers chiffres publiés sur l’activité du secteur automobile en France montrent letassement de l’effet « prime à la casse ». Pourquoi existe-t-il une telle inadéquation entreles délais de livraison et les achats ? Cette question est importante.

Le pacte automobile – plan ambitieux – sera inopérant si les délais de livraisondes véhicules français restent aussi longs et supérieurs à ceux des marques étrangères.

Monsieur le secrétaire d’État, je vous saurais gré de bien vouloir m’indiquercomment le Gouvernement explique cette différence entre les faits et les discours et ce qu’ilentend faire pour remédier à un comportement qui encourage les Français à acheter des véhicules demarque étrangère, au détriment des constructeurs nationaux. « 

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