Redécoupage territorial ou comment gâcher une réforme nécessaire pour le pays

Le projet de redécoupage des régions tel que proposé par le Président de la République et le gouvernement donne aujourd’hui le sentiment d’un immense gâchis pour notre pays et pour nos collectivités.

Alors que notre pays a besoin de profondes réformes y compris dans son organisation locale, alors que les grandes formations politiques s’accordent à reconnaître la nécessité d’une refonte profonde de notre organisation territoriale et alors que les citoyens paraissent souhaiter ces évolutions le gouvernement et le Président de la république sont, de fait, en train de tuer dans l’œuf le consensus réformateur qui pouvait être trouvé.

Cette réforme est inacceptable en l’état pour des raisons de forme et de fond.

Pour des raisons de forme tout d’abord puisque le sentiment général donné par les annonces de ce jour sont marquées du sceau de la précipitation et de son corollaire, l’improvisation.

Ce redécoupage obéit plus à des logiques politiciennes et des satisfactions d’égos et d’intérêts personnels qu’à une véritable vision stratégique d’aménagement du territoire.

On ne peut dessiner la France territoriale du 21ème siècle sur un coin de table, en finalisant les arbitrages un soir, à l’Elysée, dans la précipitation et au gré des convenances du pouvoir en place.

On ne peut faire une telle réforme sans engager en toute transparence un dialogue préalable avec l’ensemble des forces vives territoriales.

Sur le fond ce nouveau découpage n’a pas la cohérence nécessaire à l’ambition d’une telle réforme. Les nouvelles régions cohérentes et fortes doivent répondre à une logique d’équilibre démographique, historique, à la réalité des partenariats économiques et universitaires déjà noués, et doivent être structurées autour de grandes métropoles.

Les autres annonces de cette réforme tel que celles liées au renforcement des intercommunalités et à la disparition à terme, des conseils généraux vont dans le bon sens mais elles mériteront d’être précisées en portant une véritable ambition de clarification des compétences.

Sur les Conseil généraux on ne peut que regretter, ceci étant, qu’il faille à nouveau attendre six années pour en assumer la disparition quand, dans le même temps on propose de fusionner les régions en à peine une année ! Ceci est d’autant plus dommageable que c’est bien entre régions et départements que les effets de doublons sont les plus importants et que les marges d’économies possibles sont les plus grandes.

Pour autant, le Mouvement démocrate reste attaché à la nécessité d’adapter nos structures locales à la réalité de notre siècle et aux besoins des habitants.

Il ne saurait être question pour nous que, au motif d’une proposition floue, inadaptée et largement « hors sol » l’on reporte une nouvelle fois cette réforme. Il ne saurait être de même question que les conservateurs de tous bords s’emparent de ce projet mal ficelé pour empêcher une nouvelle fois toutes évolutions.

Désormais le travail parlementaire va s’engager dans les deux assemblées. Le premier Ministre a annoncé que les contours des nouvelles régions restaient à faire évoluer le cas échéant et que les parlementaires auraient toute leur place pour donner à ce texte l’ampleur méritée.

La réforme de nos institutions locales est encore possible. Elle est souhaitable. C’est désormais aux parlementaires de prendre leurs responsabilités pour réussir là où ce gouvernement comme tant d’autres semble devoir échouer.

 

 

Jacqueline GOURAULT                                               Marc FESNEAU

Sénatrice de Loir-et-Cher                       Secrétaire général du Mouvement Démocrate

 

 

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